Traitement médicamenteux dans la compulsion alimentaire

   

1. Binge Eating Disorder (BED) ou Hyperphagie boulimique



Les objectifs initiaux recherchés dans la prise en charge médicamenteuse des sujets en surpoids ou obèses présentant un BED étaient la réduction des crises d'hyperphagie boulimique et la perte de poids.


Toute une variété d'inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine a été utilisée et généralement aux doses maximales préconisées avec un effet globalement positif et ce versus placebo (Mc Elroy, 2004). Ceci étant, il est important de signaler que la plupart des études menées ont pris en considération des résultats à court terme et que nous disposons de peu de données sur le moyen et long terme aussi bien pour le cas des traitements prolongés que des taux de rechutes après arrêt.


En outre, le taux de réponse en terme de diminution du BED sous placebo est loin d'être négligeable et doit donc inciter le clinicien à la prudence quant à l'effet propre de cette action thérapeutique médicamenteuse. A noter enfin que ces traitements sont par ailleurs bien tolérés et il y a peu d'arrêt de traitement pour cause d'effets secondaires.


Plus récemment, les cliniciens se sont orientés vers des molécules jusqu'ici préconisées pour le traitement de l'obésité ou bien à visée antiépileptique avec comme double objectif de réduire le BED et d'induire une perte de poids.


L'utilisation du coupe-faim sibutramine (Reductil®, Sibutral®), sous monitorage cardiaque et tensionnel, qui est un IRS (5-HT, Noradré) a permis de réduire d'après Appolinario (2003) l'intensité du BED et a conduit à une perte de poids comparable à celle constatée chez les sujets obèses sans BED.


Pour ce qui concerne l'orlistat (Xenical®), les données vont dans le même sens avec un léger effet supérieur au placebo (Golay, 2005).


Le topiramate (Epitomax®) et plus récemment le zonisamide (Zonegran®) ont été testés par Mc Elroy (2003, 2004). Le topiramate a pu démonter son efficacité sur une période de 1 an, tant sur le plan du BED que de la perte de poids. Pour autant, la survenue d'effets secondaires tels que troubles cognitifs, paresthésies et somnolence constitue autant de facteurs interférant avec l'observance du traitement. Enfin, à noter le retrait du marché de la dexfenfluramine (dérivé amphétaminique anorexigène) pour cause d'induction d'hypertension artérielle pulmonaire.


 

2. Night Eating Syndrome (NES)



Les données dont nous disposons sont très récentes et les études encore trop peu nombreuses. Il s'agit encore principalement de publications de cas cliniques.


Ainsi, O'Reardon (2004) et Spaggiari suggèrent une efficacité des IRS. Pour les études, Miyaoka (2003) a pu noter un effet positif de la paroxetine (Deroxat®) chez 4 sujets. Dans ce sens, O'Reardon (2004) signale chez 17 sujets atteints de NES une efficacité de la sertraline (Zoloft®) sur le nombre de réveils nocturnes avec ingestion de nourriture, sur la valeur calorique des ingestats du dîner et sur le poids (perte de près de 5 kg). En 2006, ce même chercheur, dans une étude en double aveugle utilisant la sertraline versus placebo sur 8 semaines, a pu confirmer ses résultats préliminaires. Pour ce qui concerne le topiramate, quoi que portant sur de très faibles effectifs, Winkelman (2003) a pu relever une efficacité et notamment chez les non répondeurs à la sertraline.

  

Source: www.anorexie-et-boulimie.fr

 

 

 

 

 



16/06/2010
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