Traitement médicamenteux dans la boulimie

 

 

La pharmacothérapie de la boulimie a fait l'objet de nombreux travaux de recherche. Les molécules les plus fréquemment employées sont les antidépresseurs de type IRS, les thymorégulateurs et la naltrexone quand bien même la gamme des molécules utilisées s'est avérée beaucoup plus vaste.


Pour autant, malgré certains résultats indiscutables à court terme, aucun résultat à 5 ans n'est meilleur que ceux observés lors de l'évolution spontanée des troubles après une association à une thérapie cognitivo-comportementale.


En tout état de cause, au-delà des données qui vont être détaillées ici sur la place des traitements médicamenteux dans la prise en charge de certains troubles alimentaires, il est fondamental de préciser qu'ils ne sauraient être prescrits seuls : il convient de penser cet outil thérapeutique dans le cadre d'une prise en charge à la fois multimodale et intégrée. En d'autres termes, c'est la combinaison de l'ensemble des différents soins mis en place, dont les médicaments, qui en synergie, vont concourir à l'amélioration voire à l'extinction des symptômes alimentaires.


1. Les antidépresseurs



  • Antidépresseurs versus placebo

  

Parmi les différents traitements employés dans la boulimie, ce sont les antidépresseurs qui ont fait l'objet du plus grand nombre d'études. Eu égard au fait que plus de 50 % des boulimiques indiquent avoir souffert au cours de leur vie d'un épisode dépressif majeur (EDM), il était logique d'évaluer l'efficacité de cette catégorie de médicaments sur la symptomatologie boulimique.


Sur ce point, il est intéressant de noter, selon Goldstein (1999) et Walsh (2000), que l'efficacité des antidépresseurs sur la boulimie est indépendante d'un EDM. D'une manière générale, il semblerait qu'il n'y ait pas de différence en termes d'efficacité sur les crises entre les différentes classes d'antidépresseurs (Bacaltchuk et Hay, 2005).


L'efficacité des traitements sur la symptomatologie boulimique tiendrait à deux effets complémentaires :


  1. réduction de l'hyperphagie boulimique et des vomissements
  2. amélioration de l'humeur et de l'anxiété qui généralement majorent le trouble alimentaire (Mitchell et al., 2001).

  

L'efficacité des antidépresseurs, versus placebo, a été amplement démontrée et est à présent clairement établie. Les taux de sevrage boulimique à court terme (8 semaines en moyenne) se situe à 30 % et la réduction des symptômes boulimiques est de l'ordre de 70 % (Agras, 1992, Bacaltchuk, 2005, Leitenberg, 1994). Pour autant, les taux de rechutes semblent tout aussi importants hormis pour les prises prolongées.


  • Antidépresseurs tricycliques (ADT) et Inhibiteur de la MonoAmine Oxydase (IMAO)

  

L'un comme l'autre ont montré leur efficacité versus placebo et ce tant sur le trouble alimentaire qu'au niveau de l'humeur (Agras, 1987, Alger, 1991, Barlow, 1998, Carruba, 2001). Pour autant, à efficacité égale ou supérieure, les IRS les ont supplantés du fait d'effets secondaires moindres.


  • Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine

  

La fluoxétine (Prozac®) a été autorisée par la FDA (Food and Drug Administration) aux USA pour le traitement de la boulimie à une posologie pouvant atteindre 60 mg par jour. Cette autorisation découle d'une vaste étude menée sur 387 sujets par le Fluoxetine Bulimia Nervosa Collaborative Study Group (FBNCSG) en versus placebo. D'autres IRS ont été étudiés et les résultats obtenus sont du même ordre.

  

Source: www.anorexie-et-boulimie.fr

 

 

 

 

 



16/06/2010
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