Pourquoi déguster est parfois si difficile

 

 

Respecter ces équilibres est difficile pour beaucoup de personnes pour plusieurs raisons. Tout d’abord notre éducation nous apprend souvent à passer outre nos signaux internes pour nous fier à des critères externes : manger à telle heure, éviter de manger à telle autre, manger ceci à telle heure et cela à telle autre, commencer par ceci et finir par cela, finir son assiette, considérer que tel aliment est une récompense et que manger tel autre en mérite une, préférer manger sans plaisir plutôt que de jeter un aliment.
Il est important pour manger en fonction de ses besoins de remettre en question certains critères pourtant considérés comme immuables.


La restriction cognitive rend également difficile l’adaptation de nos prises alimentaires à nos besoins physiques et émotionnels. Si devant un aliment on pense à la fois du bien (« j’aime cet aliment ») et du mal (« mais il me fera grossir »), le plaisir n’est pas suffisamment au rendez-vous et les quantités sont alors souvent excessives.


Afin de se détourner d’une culpabilité de manger certains aliments, ou de l’angoisse de grossir, et pour pouvoir consommer tout de même les aliments «interdits», certaines personnes tentent de tricher: elles détournent leur attention de ce qu’elles font, par exemple en lisant, ou en regardant la télévision. Mais du coup, elles ne peuvent pas profiter pleinement de ce qu’elles mangent et ont tendance à trop manger…


Des études montrent d’ailleurs que lorsqu’on ne fait pas attention à ce qu’on mange, on mange 30% de plus que si le repas est pris de façon concentrée, c’est à dire sans lecture, télévision ou travail.


Certaines personnes mangent en réponse à des émotions, à des discours intérieurs déplaisants ou dévalorisants, ce qui leur permet d’en amoindrir l’impact (voir Comment ne pas maigrir idiot). Lorsqu’on mange en réponse à une émotion intense et non par faim, on a tendance à manger sans tenir compte du goût et des signaux du corps, à la recherche d’un réconfort qui ne peut souvent pas être apporté par un aliment. Le problème est alors plus psychologique qu’alimentaire. Il est important de comprendre ce qui nous pousse à manger en dehors de la faim, pour trouver des solutions plus appropriées.


La publicité aussi incite à manger des aliments que nous n’aurions pas mangés si on n’en avait pas vanté régulièrement les mérites avec force images de beauté, jeunesse, richesse et bonheur général. Pour résister aux messages publicitaires, plutôt que de s’interdire certains aliments, il s’agit de vérifier s’ils nous procurent réellement le plaisir alimentaire vanté.


Notre environnement ne nous permet pas non plus toujours de manger lorsque nous avons faim et dans de bonnes conditions matérielles et psychologiques. Dans le quotidien, on n’a pas toujours le moyen ou l’envie de changer l’ordre des plats et l’heure des repas, par exemple quand on mange en famille ou dans une cantine ou au restaurant.


Pour profiter de la convivialité, on peut aussi choisir de faire l’impasse sur ses envies spécifiques, partager certains plats dans un ordre qui convient à peu près à tout le monde. Pourquoi s’inquiéter de ces petits accommodements ? Cela ne pose problème que lorsqu’on en vient à sacrifier son plaisir de façon systématique.


 

Source: www.gros.org

 

 

 

 

 

 

 

 



04/10/2011
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