La régulation de la prise alimentaire

Pourquoi vouloir dire aux Français comment ils doivent manger, alors que tout être humain est naturellement équipé des systèmes de régulations qui le conduisent à manger de façon adéquate?

 

La masse grasse, les apports en nutriments et micronutriments sont l’objet d’une régulation et le comportement alimentaire est contrôlé .
La motivation à manger est commandée par un double système:


 

Le système faim-satiété


Il est dépendant du noyau arqué hypothalamique. Différents neuromédiateurs sont en jeu: POMC (pro-opiomélanocortine), CART (cocaïne and amphétamine regulated transcript), NPY (Neuropeptide Y), AgRP (Agouti related peptide) et la leptine qui informe le noyau arqué sur les stocks de masse grasse périphériques.

La faim correspond à une baisse du taux de glucose perçu dans le noyau arqué hypothalamique (ARC); la satiété est un état de non faim, et le rassasiement global dépend de signaux neurohormonaux du tube digestif  (CCK, GLP1, NPY) qui sont transmis au cerveau par le nerf pneumogastrique ou par voie orthosympathique spinale (leur effet est tardif!)


 

 

Les systèmes hédoniques


Ils commandent l’attirance (incentive) et sont complexes. On a identifié le système dopaminergique méso-limbique SDML, le système des opioides endogènes ou SOE (neurotransmetteurs peptidiques), le système endocannabinoide (neurotransmetteurs: acides gras à chaîne longue), et la leptine.

Kent Berridge, en 1996, a décrit le “wanting” (attente d’un plaisir futur, contrôlé par SDML) et le "liking" (modulation du plaisir par les sensations alimentaires perçues, contrôlé par SOE et système GABA/BZD).

De leur côté, Michel Cabanac, en 1970, avait décrit le rassasiement par alliesthésie négative, dans lequel la composante affective liée à l’aliment se modifie en fonction de l’état énergétique (des chémorécepteurs gastro-duodénaux transmettent les informations au cerveau par le nerf pneumogastrique) et Barbara Rolls en 1986, avait décrit le rassasiement sensoriel spécifique où la composante affective liée à l’aliment se modifie par apprentissage.

Ce qu'on appelle les appétits spécifiques traduisent un attrait pour un aliment spécifique, qui contient un ou des nutriments dont l’organisme a besoin. Ils supposent la mémorisation d’une flaveur liée aux effets post-ingestifs des aliments.


 

Ce qu’il est important de retenir:


Le plaisir à manger est une composante essentielle du système de régulation de la prise alimentaire et non un “plus”, une sorte de “cerise sur le gâteau”.

En d’autres termes, la régulation de la prise alimentaire ne peut pas se faire correctement dès lors qu’on mange sans plaisir gustatif. On choisit ses aliments et on mange pour y trouver du plaisir, on s’arrête de manger parce qu’on est rassasié ET qu’on a trouvé ce plaisir.

 

 

En conclusion


Pour bien réguler au niveau énergétique, il faut que ce qu'on mange corresponde à ce qu'on désire manger, il faut qu'on pense du bien de ce que l'on mange, il faut qu'on mange dans de bonnes conditions, en prêtant attention à ce plaisir gustatif, buccal, et à sa cessation. Il faut aussi qu'on ait suffisamment faim, mais pas trop, et il faut qu'on ne soit pas (trop) perturbé émotionnellement.

C'est vrai, cela fait beaucoup de conditions. Mais comme la régulation de la prise alimentaire se fait à l'échelle de la semaine, on a le droit de déroger à tout cela. Si on mange trop, pour quelque raison que ce soit, on aura moins faim un peu plus tard et on mangera moins (si on écoute à nouveau ses sensations alimentaires). Ce n'est que dans le cas où on mange excessivement de façon répétitive que surviennent les problèmes.

 

Source: www.gros.org

 

 

 

 

 

 

 

 



27/09/2011
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