La peau et l'anorexie: Les soins esthétiques dans l'anorexie mentale

 

 

 

L'anorexie mentale en résumé touche les jeunes filles ( 90%) qui se laissent mourir de faim. Dans une société d'opulence comme celle en Occident avec près de 60% de surpoids et d'obèses, cette volonté de restreindre à l'extrême l'apport vital est étonnante. Le plus terrible est que cette restriction est souvent encouragée par tout le monde avec au départ un petit régime à la mode sans aucune surveillance médicale. Vu le nombre impressionnant des régimes gogos conseillés par des « professionnels » et les médias, n'importe qui se sent obligé de surveiller son poids. En réalité, les régimes ne devraient être qu'une étape d'accompagnement pour que la personne retrouve ses propres sensations de faim et de satiété et qu'elle sache manger de tout selon ses besoins sans angoisse.

 

Le sentiment de gâchis est encore plus accentué quand on connaît le profil des anorexiques. En général ce sont de belles jeunes femmes intelligentes, sensibles, malheureusement trop influençables par les codes de bien-paraître de son environnement. Une jeune fille un peu en retrait, le regard rêveur, soucieuse du qu'en dira-t-on, rougir même pour les commentaires anodins, réagir au quart de tour à un regard ou à un commentaire, obsédée par la minceur ont le plus de risques. Elles ont des notions farfelues de la diététique: pas de viande rouge ni de féculents, adepte excessif de sport...Pour plaire aux normes de la « perfection », elles mangent peu et seulement de la nourriture « comme il faut » c'est à dire très restrictive et font du sport à l'excès. Une de mes patientes, Melle X faisait dix tours du stade à 22h du soir après 10h de travail dans la journée. La mort chez l'anorexique est une mort d'épuisement. Elles refusent de reconnaître qu'elles sont humaines avec des besoins et des limites physiologiques.

 

 

Des soins de peau ou de cheveux sont les moyens de revoir ces jeunes filles en consultation afin de leur procurer un suivi psychologique et nutritionnel car l'anorexique est dans le déni de sa maladie. « Plus je suis mince (maigre), plus je suis belle. » Seulement quand elles retrouvent un peu de leur forme après maintes consultations esthétiques, elles glissent au thérapeute la question sur un ton badin à la fin d'un soin: « Je crois que j'étais un peu anorexique, qu'en pensez-vous, docteur? ». Ouf, la maïeutique fonctionne. C'est l'art de faire prendre conscience à quelqu'un les connaissances qu'ils possèdent sans le savoir ou refusent de l'admettre. Un peu comme le sous-chef faisant accepter à son petit chef l'intérêt d'une quelconque action sans se mettre en avant.

 

Heureusement que les anorexiques ont toutes des cheveux ternes secs cassants et une peau grisâtre, atrophique des affamés. La bataille la plus dure est de rétablir la norme de beauté dans leur tête. Pour ce faire, les connaissances en médecine esthétique ainsi que l'anti-âge sont nécessaires. Les discussions sur les beautés médiatiques, les people, leur look, leur maquillage, les soins de beauté, les régimes, les compléments alimentaires... sont également essentielles. Il faut bien maîtriser ces données afin de pouvoir en discuter et faire fléchir ces pseudo-experts. Ici le médecin est encore confronté à un conflit d'intérêts. Les anorexiques semblent être les meilleurs consommateurs de soins esthétiques par rapport à la population normale par leur obsession de l'apparence. Surfer sur leur obsession et constituer une belle clientèle composée des obsessionnels de l'apparence ou modérer leur obsession et accepter une diminution de clientèle? Surtout en appliquent la thérapie suivant la maïeutique, le thérapeute n'a aucune reconnaissance car ses patients n'ont en général pas conscience d'avoir et été aidés et ont la sentiment d'avoir trouvé la lumière zux-mêmes.  Par ailleurs, ces suivis sont difficiles et la compensation financière très faible.

 

Beaucoup de professionnels de beauté ignorent cette maladie et peu sont capables de la prendre en charge.

 

Faut-t-il soigner ces anorexiques tout en ignorant ce trait obsessionnel de maigreur? Sinon, faut-il obliger tous les professionnels de l'esthétique à suivre une formation en nutrition avec les prises en charge des troubles de comportement alimentaire dont l'anorexie? Les défauts de la peau sont fréquents chez l'anorexique secondaire à la malnutrition comme l'atrophie cutanée, relâchement tissulaire, l'aspect froissé et le teinte terne...Par ailleurs, le relookage, la coiffure ainsi que les soins esthétiques sont aussi introduits dans les unités de soins comme un des moyens de traitement des troubles du comportement alimentaire. Ce sont les moyens de rétablir leur image corporelle, indispensable pour la guérison.

 

Le risque pour les médecins adoptant cette approche multidisciplinaire vient de leurs confrères. Les psychiatres leur reprochent de s'occuper du surperficiel qui est en surface (la peau et l'apparence); les nutritionnistes de ne pas donner le même régime efficace à une personne en demande (même si elle est déjà en sous-poids), le régime Dukan, par exemple, marchera mieux. Les dermatologues s'emporteraient sur inefficacité supposée des compléments alimentaires, même chez les anorexiques en carence de tout. Enfin, les chirurgiens esthétiques seraient aussi plus efficaces très rapidement pour regonfler les seins, les fesses avec les prothèses en silicone, les injections pour remplir le visage...même sans aucune prise en charge nutritionnelle et psychologique longue, compliquée et moins bien payée.

 

 

Source: www.paperblog.fr

 

 

 

 

 

 

 



15/04/2011
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