La malbouffe : le mal du siècle

 

  

  Curieuse société que celle dans laquelle nous vivons : entre messages publicitaires qui nous vantent tout ce qui est bon à manger, et qui plus est aux heures des repas (!), et émissions télévisées aux titres accrocheurs qui lancent des cris d'alarme sur les méfaits du cholestérol, de l'obésité ou de la « malbouffe », il y a de quoi devenir schizophrène. Tiraillés entre plaisir et rigueur que nous sommes, il y aurait de quoi nous rendre fous ! Mais il y a une 3ème voie.


Car au fond, ce « grand écart », n'est-il pas en soi le propre de l'homme depuis bien longtemps ? Il est un paradoxe alimentaire qu'il ne faut pas oublier : l'homme doit manger pour survivre… et la nature l'a programmé pour avoir du plaisir à manger… pour pouvoir le faire !


Dès lors, comme pour d'autres activités vitales pour l'espèce –ainsi en est-il pour l'acte de reproduction– l'homme se met des barrières… pour s'interdire de « manger sans contrôle ». D'où l'adage bien connu : « il faut manger pour vivre et non vivre pour manger » et le fait que l'Eglise catholique inscrive la « gourmandise » comme l'un des 7 péchés capitaux !


« Manger pour vivre » n'est plus à l'ordre du jour, car notre société a bien changé : tout y est tellement à disposition ! Dans le même temps, de très sérieux scientifiques spécialistes de la Nutrition nous confirment qu'il y a dans nos assiettes un énorme capital santé. Et que ce bénéfice santé peut être utilisé dès la conception, avant même la grossesse.


Il nous faut considérer, pour notre réflexion, deux aspects différents : l'état nutritionnel (le poids du corps notamment) et l'alimentation.


1. L'alimentation



Nous avons nombre de preuves scientifiques de l'intérêt de telle alimentation, selon l'âge, sur notre santé :


  • Lors de la conception d'un enfant : Une alimentation riche en céréales, fruits et légumes apporte ce qu'il faut en folates (vitamine B9). Et ceci permet la prévention d'un défaut de malformation du tube neural chez le fœtus (la future moelle épinière, une maladie qui touche en France un enfant sur mille naissances). Or cette atteinte est responsable d'un retard intellectuel handicapant ;
     
  • Pendant la grossesse : Une alimentation suffisamment riche en céréales et en aliments riches en protéines (viande, poisson, blanc d'œuf) permet d'éviter un retard de croissance et une altération du développement du fœtus à partir du 6ème mois. Or nous avons appris ces dernières années que le retard de croissance fœtal était un facteur de développement de troubles nutritionnels dans la grande enfance et à l'âge adulte (diabète, excès de cholestérol et de graisses dans le sang) ;
     
  • Dans l'enfance, une alimentation riche en lait et laitages, grâce au calcium et aux protéines du lait, favorise la croissance osseuse, indispensable à la solidité de l'os, en particulier chez la jeune fille, plus fragile à cet égard ;
     
  • A l'adolescence : Une alimentation riche en lait et laitages (notamment les fromages à pâte dure) jusqu'à 20-25 ans permet d'obtenir un capital osseux optimal. Car ce capital est acquis à cet âge ci. Ensuite, les adultes ne peuvent qu'en perdre, surtout la femme, ce qui accroît le risque d'ostéoporose (c'est à dire de déminéralisation avec risque de fractures spontanées) après la ménopause ;
     
  • Chez l'adulte de 40-50 ans : Une alimentation riche en fruits et légumes (un de chaque à chaque repas) à partir de 40 ans permet de diminuer le risque de faire une maladie cardio-vasculaire liée à l'athérome. L'athérome, c'est cette affection qui bouche les artères, notamment celles du cœur. On peut ainsi éviter ou retarder un infarctus du myocarde sur deux ou trois (on en diminue le risque de 3040 %) ;
     
  • Chez l'adulte de 40-50 ans : Une alimentation riche en acides gras oméga 3 (acides gras présents notamment dans des poissons de mers froides) permet d'éviter les thromboses artérielles coronariennes (responsables de l'infarctus du myocarde) et cérébrales (attaques cérébrales avec paralysies) ;
     
  • Une miette d'alcool, un soupçon, du genre un verre par jour ou par repas permet, à partir de l'âge de 40-45 ans, de prévenir une maladie cardiovasculaire sur deux ou trois : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral (« attaque cérébrale ») ;
     
  • A la ménopause : des apports soutenus en calcium et vitamine D permettent de diminuer et retarder le risque de forte déminéralisation osseuse (appelée ostéoporose) ;
     
  • Chez les personnes plus âgées : un apport suffisant de protéines évite les méfaits d'une dénutrition, à savoir une trop grande sensibilité aux infections et aux maladies ; de plus, penser à boire suffisamment (soit 30 ml par kilo de poids de forme et par jour, petit déjeuner compris, en temps normal et 50 ml en pleine chaleur) évite la chute de tension artérielle et les troubles mentaux liés à la déshydratation (insuffisance d'eau dans le corps).

    Il y aurait plein d'autres exemples bien sûr, mais si déjà ceci pouvait être retenu !

 

2. Le poids corporel



Il apparaît de plus en plus qu'il faut garder son poids entre un minimum et un maximum pour espérer maintenir sa santé à l'état optimal. Ainsi :


  • A la puberté : Un poids trop bas expose à un retard des règles. Plus tard, un poids trop faible augmente le risque de voir disparaître ses règles, à l'adolescence mais aussi à l'âge adulte ;
  • A la puberté et à l'âge adulte : Un poids insuffisant expose la femme à tripler le risque de développer une ostéoporose ;
  • A l'âge adulte : Un excès de poids mal géré expose, chez des gens à risque notamment, à des maladies associées au surpoids : hypertension artérielle, accidents cardiaques, insuffisance respiratoire. Selon le type de surpoids qui se développe, le risque change : ainsi une obésité de type masculin (« androïde », c'est à dire abdominale et du tronc) expose-t-elle à 4 fois plus de soucis de santé qu'une obésité de type féminin (« gynoïde »).

 

Pour définir le risque lié au poids, nous pouvons utiliser l'indice de masse corporelle, soit le poids (en kilos) sur le carré de la taille corporelle. Une femme qui pèse 58 kg1,65 m a un indice de masse corporelle de 21,3 kg/(m)2. Pour voir si l'obésité est androïde, on peut mesurer le tour de taille, soit la circonférence du ventre au niveau du nombril : si elle est supérieure à 100 cm, l'obésité est androïde. 

Pour conclure cette liste non exhaustive, deux faits doivent être rappelés. Le premier est que ceci est fonction d'une susceptibilité individuelle : il y a des personnes à risque et d'autres pas. Le deuxème est plus général : bien sûr, il faut ne pas oublier que l'alimentation n'est qu'un des éléments de l'hygiène globale de vie : s'activer un peu physiquement, ne pas trop fumer ni trop boire, savoir pianoter la gamme de ses émotions et de ses plaisirs est aussi important qu'une bonne alimentation.


Manger aujourd'hui



1. Introduction



"Manger m'angoisse. Et l'angoisse me fait manger". Manger aujourd'hui s'inscrit dans ce paradoxe. Ceci n'a pas toujours été le cas. L'alimentation a, depuis toujours,  trois fonctions :


  • Une fonction métabolique : croître puis se renouveler
  • Une fonction hédonique : trouver du plaisir à peu de frais
  • Une fonction sociale : créer des liens et les renforcer.
    Aucune ne peut être
    exclue. Bien des gens pensent que « manger, c'est naturel » ! En fait, rien n'est moins évident. Avoir faim est naturel, mais la manière de combler cette faim est apprise.

 

2. Manger naturel ?



Manger n'est plus un acte si naturel. Quoi de plus normal, pensez-vous, que de manger. De tout temps, l'homme a mangé. Son objectif ? Manger « à sa faim » ; trouver chaque jour de quoi se nourrir et nourrir les siens. Pour cet objectif, il a travaillé dur. Pendant longtemps, cette tâche était quotidienne et envahissante : techniques de chasse ou de pêche, cultures agraires, cueillettes, élevage, stockage. L'occupation première des hommes fut pendant des dizaines de milliers d'années de chercher la nourriture de la tribu et de la défendre. C'est sans doute autour de l'alimentation que s'est construite l'idée de territoire, de possession, et donc de guerre et de nuisance de certains animaux !


Manger pour vivre


L'homme pensait, jusqu'au siècle dernier, à « manger pour vivre », « manger pour grandir », « manger pour être fort et en bonne santé ». Les problèmes s'appelaient famine et disette, on craignait les mauvaises récoltes, l'hiver (la soudure), la guerre, les rats... Il fallait défendre sa nourriture, donc nos aliments. Mais actuellement, il n'y a plus rien à défendre dans l'acte alimentaire : manger est le lot de tous, du haut au bas de l'échelle sociale. C'est de ne pas manger qui fait la différence, c'est « manger santé » qui donne le pouvoir.


3. Manger est un acte social



Manger était un acte de vie, et nombre de cultures ont inscrit l'alimentation, ses règles et le comportement alimentaire dans les grands livres qui régirent la loi des hommes et de Dieu (ou des dieux).


Manger était un acte de dominance aussi, où ceux qui étaient riches mangeaient à leur faim et où les pauvres travaillaient pour les riches, afin de survivre. Ce n'est plus le cas. Il faut à l'homme du XXIème siècle « manger santé » et « manger moins ». Les progrès majeurs de la science et de l'information nous ont amenés à une autre perception de notre alimentation. Une perception rationnelle et « médicalisée ».  Il faut « savoir manger », c'est à dire s'informer sur les bienfaits des aliments, les sélectionner, les associer non plus en fonction d'un besoin physiologique, celui de couvrir ses dépenses caloriques immédiates, mais en fonction d'un avenir impalpable (celui d'assurer sa santé physique, son développement intellectuel, son vieillissement optimal).


Le problème grossit et la population aussi


La population grossit. Et l'on sait pourquoi. A cause de l'offre alimentaire. Faute d'activité physique aussi, et enfin du fait du stress qui nous entoure. Le poids monte et l'angoisse aussi : et si ça ne s'arrêtait jamais ? Et si c'était de ma faute. Avec l'angoisse et la culpabilité viennent les troubles du comportement alimentaire. La fréquence de l'obésité augmente : dix pour cent de la population française en est atteinte à ce jour. Dans le même temps, augmentent les troubles du comportement alimentaire : anorexie mentale, boulimie, compulsions alimentaires. Et on nous en parle, on nous en reparle…


4. Manger, c'est compliqué



Manger devient bien trop compliqué.


C'était proche de nos sensations (j'ai faim ; j'aime les frites). Ça s'en éloigne (je dois « manger » du calcium, c'est bon pour l'os ; je dois éviter les graisses, pour prévenir les maladies cardiaques et l'infarctus du myocarde !).


C'était plutôt un peu en dessous des besoins caloriques de la plupart des hommes de nos contrées. C'est, en 2002, à profusion et bien au dessus de nos dépenses physiques.


Il y avait un prix à payer, ce n'était pas à portée. Maintenant, manger est tellement facile et bon marché que ça fait peur. La liberté a un prix, ne vous l'avait-on pas dit !


Notre Société : un coupable idéal ?


Dans nos sociétés, trois types de faits participent à cette grande confusion et ipso facto à la genèse des troubles du comportement alimentaire :


  • L'industrie agro-alimentaire a pris le contrôle d'une bonne partie du marché alimentaire ;
  • Personne ne supporte plus d'être « soumis » au risque alimentaire (ni à aucun autre) ;
  • Le développement extraordinaire des systèmes de communication entraîne une surinformation sur les risques, notamment alimentaires

 

5. Société, je te hais !



Surinformés, nous avons peur de tout, au nom d'un risque alimentaire « zéro » irréaliste. Nous avons peur de grossir, du fait même de nos « appétits » et de notre consommation effrénée. On nous dit qu'il est dangereux de trop manger, sans pouvoir nous dire ce qui est « trop pour moi ». Mais, simultanément, nous sommes la « cible » de mille messages publicitaires sur les aliments. On nous vente, aux heures de grande écoute, les qualités de certains produits alimentaires à déguster vite fait. Jolis, bien empaquetés, délicieux, ils se glissent dans un cartable, dans une poche ou un sac à main. Pire, on nous dit que telle friandise contient 21 % des apports recommandés en magnésium ou en calcium. Mais est-ce bien le but d'une friandise d'apporter ces éléments ? N'est-ce pas là pervertir le sens du plaisir et mélanger tout au profit de quelques uns !


Notre Société est devenue folle de son alimentation : tant de publicités pour nous inciter à la gourmandise et tant d'articles pour nous dire combien c'est dangereux de même manger : vache folle et cholestérol, dioxine et graisses assassines, suppléments vitaminés et obésité. On nous dit qu'il est dangereux de manger des aliments gras et on nous parle de la richesse en magnésium du chocolat.


Trente millions de Français se précipitent sur les journaux qui parlent du risque lié à la fièvre aphteuse ou de l'encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la vache folle). Alors, les gouvernements se sentent obligés d'ordonner d'abattre des dizaines de milliers de vaches. Pour cinq cas de maladie de la vache folle chez l'homme en cinq ans et aucun cas de fièvre aphteuse en 20 ans ! On se demande qui est fou, de la vache ou de nous. Mais qui donc se préoccupe des milliards d'euros que ceci nous coûte ! Certains journaux titrent « on nous empoisonne », alors que l'alimentation n'a jamais, de toute l'histoire de l'humanité, été aussi saine et aussi sûre. Rien d'étonnant à ce que certaines personnes, notamment à l'adolescence, âge où « douter de tout » est naturel, rejettent cette « alimentation qui nous tue ».


Maîtrise ton corps


Il y a aussi cet idéal minceur qu'on nous assène, où « sculpture » du corps rimerait avec maîtrise de soi dans le moule délirant de femmes filiformes improbables construites par et pour la mode au nom d'un idéal dérisoire : le paraître. Un million de Français attaquent chaque année un régime pour perdre 3 à 6 kilos. Ce sont surtout des femmes… victimes de la mode.


 

6. Les veuves noires



Sans crainte, ces femmes, jeunes pour la plupart, vont céder au mirage du petit régime. Et le piège se referme : la frustration, ou au contraire la valorisation sociale et la satisfaction d'avoir perdu ces quelques kilos, vont éveiller en elles les troubles du comportement alimentaire : Boulimie ou Anorexie. Les deux Veuves Noires ! Fées modernes de nos mythes et de nos peurs, elles transformeront bientôt certaines de ces jeunes femmes en êtres meurtris. Autour d'elles, le désert se sera fait, la famille aura éclatée et le temps se sera évanoui. Le piège ne se rouvrira parfois que des années plus tard !


Les troubles du comportement alimentaire


Les troubles du comportement alimentaire sont caractérisés par un besoin de mincir. Ils commencent assez souvent par un régime hypocalorique. C'est la société qui veut ça. Mais à bien y regarder, c'est plus compliqué. Oui, notre société valorise la minceur, le régime, la maîtrise, la beauté, le muscle, la fermeté. Les femmes ont à cet égard plus de pression que les hommes. Cette femme, gourmande par nature (on le lui répète assez), doit « se surveiller ». Sa ligne est mise sous haute surveillance, ses fesses sous contrôle « ferme », ses cuisses sculptées « au couteau » par de complexes et effarants mouvements de gymnastique. Fascinant, si l'on y réfléchit un peu ! A-t-on tant peur que ça de la femme et de ses attributs ? Fascinante cette idée que nous pourrions sculpter notre corps et ses parties !


La sécurité, maître mot de notre sens des valeurs, a son revers de médaille. La nourriture avait un sens : « vivre ». Actuellement, elle est pointée du doigt comme quelque chose qui nous rendrait malade. Maintenant que le risque alimentaire est réduit à rien, la peur du risque augmente en proportion. Nous raisonnons peut-être sur une base fausse : il y aurait un risque zéro et nous pourrions l'atteindre.


La dépense comme seul justificatif du manger



La sédentarisation du citoyen est également au cœur du problème. Dans nos sociétés, nous « luttons » contre toute espèce de fatigue physique, et nous encaissons de grosses fatigues psychologiques (le stress). On a physiquement de moins en moins d'efforts à faire et de plus en plus de temps pour ne rien faire. On n'arrête pas de nous « faire économiser notre temps », comme si le temps s'économisait. Et on nous expose tout le temps au stress, au nom du rendement. Or le stress fait manger, et l'activité physique de tous les jours mincir !


On nous fait économiser notre activité physique au travail et ailleurs (voiture, tapis roulants, caddies, e-mail…), et on nous dit à quel point faire du sport est important pour…. perdre du poids. Mais rien n'est fait pour qu'on le fasse (horaire, lieu d'activité…).


La perversion du système éclate, parfois, à la tête de certains, qui se disent : « Si je veux manger à ma faim, il faut que je me dépense » (que nos expressions nous trahissent !). A tourner et retourner dans la tête de quelques jeunes filles ou jeunes femmes qui manquent de confiance en elles, la petite phrase devient tout autre : « Si je veux manger (tout court), il faut que je me dépense (tout le temps). ». Se dépenser, c'est maigrir. Mais pour gagner quoi ?


Et si nous étions malades de nos régimes hypocaloriques (pour maigrir) débiles ? Ce qui va suivre ne prétend pas à la vérité scientifique : il s'agit seulement d'une réflexion sur la base de nombreuses statistiques. Des millions de gens se soumettent à un régime en France chaque année. Surtout des femmes. On leur propose des centaines de prétendus moyens pour « perdre facilement 3 kg en 15 jours, ou ses fesses, ou son ventre ». Et, dans la même période, la fréquence du surpoids augmente ! Et celle des troubles du comportement alimentaire aussi ! Nous souhaitons tous penser que c'est parce que notre poids augmente que nous nous mettons au régime. Mais si par malheur c'était parce que nous nous mettons au régime, alors que notre poids ne le justifie pas (au sens physiologique), que nous grossissions ! Si c'était dans cette idée de perdre vite 3 kilos que notre poids dérape !


7. Manger à sa faim n'est plus un enjeu



La démocratisation de l'alimentation est un élément qu'on ne peut négliger. « Bien manger » n'est plus comme avant un enjeu. Autrefois en France, et encore maintenant dans des pays pauvres, être gros était synonyme d'être riche. Il fallait montrer sa richesse. Or les viandes, des mets abondants et nombreux, les matières grasses, les gâteaux étaient rares et chers. Mais ce n'est plus le cas : tout le monde peut acquérir, et à toute heure du jour ou de la nuit, à toute époque de l'année, tout ce qu'il faut pour se nourrir ou se faire plaisir. Au demeurant, ce sont surtout les pauvres qui sont les plus gros. Pour la plupart d'entre nous, manger est à la portée de tous. Donc les puissants cherchent d'autres dominances ! Est-ce à dire qu'il n'y aurait plus d'enjeu social de nature alimentaire ? Oh que si ! Mais l'enjeu a changé : se nourrir « riche », c'est à l'heure actuelle se nourrir « santé » : les produits biologiques, nutritionnellement corrects ou sains (les légumes verts, les produits allégés) sont aussi les plus chers. Les riches se distinguent par leur capacité de maîtrise alimentaire.


Manger autrement


Ceci dit, rien n'est plus stérile que d'accuser la société. Où il y a des voitures, il y a des risques d'accident. Où il y a à manger, il y a des mauvais mangeurs. Les voitures n'en sont pas responsables, les aliments non plus. Les médecins et les scientifiques ont également raison de nous mettre en garde contre les dangers, pour certaines personnes, d'apports excessifs en calories ou en tel nutriment. Face à une société qui se sédentarise, il faut bien chercher à limiter les apports caloriques. Donc il faut faire de l'éducation, apprendre à manger différemment qu'il y a trente ans, car l'activité physique a changé. Mais ce faisant, on donne à beaucoup de personnes l'idée de se mettre au régime. Et certains sombrent dans les troubles du comportement alimentaire.


Nous sommes dans une société qui pense que « pour avoir le droit de manger, il faut dépenser ». Et donc, obligatoirement une société qui craint que « manger, ça fasse grossir ». Mais, avec ces deux petites phrases, le sens est perdu : nous mangeons parce que nous dépensons des calories en fait ; nous mangeons pour donner à notre organisme tous les nutriments dont il a besoin pour fonctionner et se renouveler. En bref, nous mangeons parce que nous avons des dépenses. On ne construit pas son corps avec des calories, mais avec des aliments. Les aliments servent à monter les cloisons de nos cellules, les systèmes internes, à assurer les échanges et les transmissions entre cellules. On n'entretient pas son corps avec des calories. Les calories permettent de faire fonctionner l'ensemble, d'assurer la vie des organes qui travaillent à toute heure du jour et de la nuit. On entretient l'ensemble en ayant une alimentation variée, qui apporte tous les nutriments nécessaires à réparer ou remplacer ce qui a vieilli...


8. Conclusion



Nous sommes face à un vrai défi. C'est vrai que la population prend du poids. Mais elle ne prend pas forcément du poids parce qu'elle mange trop. Non, elle grossit parce qu'elle ne mange pas en fonction de ses besoins. Elle grossit, parce qu'elle est plus soumise au stress et que ceci la pousse à manger. Elle grossit, parce que manger a perdu son sens, tandis que l'offre augmentait et que l'activité physique diminuait. Elle grossit, parce que manger ne fait plus brûler de calories (c'est du « tout fait, vite consommé »).


C'est le sens qu'il faut retrouver, pour une meilleure gestion de notre alimentation, pour un autre regard sur notre poids.

 

Source: www.anorexie-et-boulimie.fr

 

 

 

 



16/06/2010
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