J'ai voulu revoir le monde et il m'a brûlé les yeux

  

 

 

  

J'ai passé les derniers mois à tenter d'assembler encore et encore les pièces du puzzle de ma vie. A essayer de comprendre comment fonctionnent tous ces petits mécanismes du corps et de l'âme. A creuser toujours plus profond, jusqu'à voir le fil invisible qui relie tous mes maux. Ce fil invisible qui me garde prisonnière, comme si je ne pouvais exister sans lui. Ces maux qui s'érigent comme des barrières pour me protéger du monde, alors qu'ils m'empêchent seulement de le voir autrement qu'avec leurs yeux.

Si je parviens à faire tomber une barrière, une nouvelle se dresse. C'est épuisant, navrant, désespérant. Reverrais-je un jour la lumière du jour de mes propres yeux?

J'ai perdu espoir bien souvent ces derniers temps. Je vois ma vie comme un cercle vicieux dont je n'arrive pas à sortir. Je me sens tourner en rond, alors que j'aimerais marcher vers l'horizon. J'aimerais pouvoir imaginer des lendemains meilleurs, pouvoir imaginer demain tout court, sans succès.

Et c'est là qu'est la souffrance, et surtout la solitude. La souffrance de vouloir, la solitude de savoir, le tout sans pouvoir.
Je sais que moi seule possède la clé, que moi seule peux me délivrer. Mais il y a toujours cette petite voix, si douce, si rassurante, si perfide...Cette voix qui sait comment me rassurer et qui s'empare de moi, cette voix qui fait tout pour se rendre indispensable jusqu'à anihiler ma propre personnalité.

Qui suis-je? Je me regarde dans le miroir, je connais bien ces traits, mais ce regard vide...est-ce vraiment le mien?
Le vide...Ce vide abyssal qui m'habite et que rien ne semble pouvoir combler. Ce vide dans lequel j'ai parfois envie de basculer, pour toujours. Se laisser submerger par le néant, se laisser aller, enfin, ne plus penser, ne plus être, ne faire plus qu'un avec le vide, le rien.


Je veux remonter à la surface, tenter encore et encore de revoir la lumière du jour avec mes yeux, bien dans mon corps, bien dans ma tête.
 Aujourd'hui je n'ai pas plus à perdre qu'hier, mais peut être plus à gagner. En tout cas je veux tenter le coup, une ultime fois. Je sais que la clé de ma prison est en moi, mais je suis trop faible pour la saisir seule, trop peu confiante pour la glisser dans la serrure.
J'espère qu'une aide extérieur saura dialoguer avec mes démons et m'aider à m'en délivrer. Qu'elle saura modifier mon regard sur le monde, me permettra d'entrevoir un futur, qu'elle parviendra à faire naître à nouveau l'espoir, la flamme dont tout un chacun a besoin pour continuer à marcher vers l'horizon.

Car si l'on emporte partout son passé avec soi, on doit le porter derrière, comme un sac à dos rempli des épreuves qui nous ont fait grandir, et non le porter devant comme un bouclier qui nous empêche d'avancer.

                                                                         

 

 

 

 

 



16/06/2010
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