Des soutiens-gorge en plomb pour les mannequins trop légères

 

Les problèmes liés à l'anorexie suscités par tant de défilés haute couture, où les mannequins maigrichons se cassent la figure, ont fait long feu, car les stylistes recherchent toujours une femme filiforme pour mettre l'habit en valeur.

 

La semaine de la mode a donné aux amateurs et journalistes rendez-vous à Paris, après New-York, Londres et Milan, pour des défilés qui n'auront pas le même succès qu'un 14 juillet sur Les Champs-Élysées. C'est bien normal, puisque la femme est à l'honneur lors de cet événement haut en couleurs, où le vert s'efface devant le rouge et l'or.

 

Cependant il ne faut pas croire que la haute couture n'aurait rien à envier à la "Grande Muette". Dans ces maisons aux salons feutrés où les petites mains s'agitent sous l'œil sévère et vigilant du styliste, le silence est d'or aussi ! Puis vient le grand jour, des centaines de "happy few" viennent se presser dans une salle sombre, pour voir défiler des jeunes femmes.

 

Les années passent et rien ne change ! Les vêtements présentés sont tout autant considérés comme "importables" que par le passé, et d'autant plus que les jeunes femmes qui nous les présentent ont l'air d'être passées au laminoir. Un mannequin le confesse au micro d'une radio périphérique : "L'agence nous met un soutien-gorge en plomb avant de se peser".

 

La polémique sur une tendance à l'anorexie de notre société, a fait naître l'idée d'une mesure originale en Espagne : Les mannequins sont passés à la toise et à la balance avant de défiler sur le podium. Mais ces contrôles sont aussi bien réglés que ceux pour dépister le dopage chez les coureurs cyclistes. Du coup, tout le monde triche…

 

Mais pourquoi présenter ainsi toujours des femmes qui ne ressemblent à aucune autre ? Carla Bruni en conviendra et Karl Lagerfeld le précise sur une autre antenne : "À un moment donné, il faut montrer les choses, et ça donne une ambiance, si ce n'est la fait 'live'  (direct, ndlr) dans un endroit précis, cela ne donne rien" ! Les mannequins ne sont pas que des porte manteaux.

 

 

Le styliste est dans l'ombre et tant ce qu'il professe
D'un corps très féminin qui prend forme au seul jet
Montré dans des patrons francs au cœur d'un projet
Ces mannequins qui n'ont vraiment ni sein, ni fesse.

Céder de voir les corps en creux comment se fait-ce
Les gens de presse ont bien cherché leur grand sujet
Qui nous inspire à tous des pleurs d'un prompt rejet
Mais tout spectateur là s'en vient comme à confesse.

Comme au gouvernement trichons les chiffres bleus
Pour donner sa confiance au fonds vraiment sableux
Du grand homme au parfum du souhait de ta femme.

La médaille est pendue aux longs corps plutôt ceints
Des tissus aux tons purs d'un cœur qui nous diffame
Pourvu que vous ne puissiez voir ici jamais les seins.

 

Les standards demeurent malgré les bonnes volontés, mais les femmes ne se laissent pas séduire par un spectacle beaucoup trop irréel pour le porte-monnaie. La part de rêve ne s'achète pas.

 

 

 

 

 

 



02/11/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres