Baclofène et troubles du comportement alimentaire

 

 

 

 

 

Le baclofène est un myorelaxant, prescrit depuis plus de 40 ans en neurologie, en tant que traitement de confort de patients atteints de problèmes de spasticité musculaire (troubles musculaires associés à la sclérose en plaques, à la paraplégie notamment)

 

La molécule est aujourd’hui tombée dans le domaine des médicaments génériques et on peut le retrouver en France sous deux noms : Baclofène, ou Lioresal®.

 

Il peut s’administrer de deux façons : par voie orale (comprimés) ou par voie intrathécale (injection directe dans le cerveau). Les malades alcooliques (ou toxicomanes) le prennent sous forme de comprimés.

 

 

Baclofène et boulimie

 

 

Au niveau du cerveau :

Les récepteurs cérébraux aux endorphines seraient impliqués dans la boulimie, selon une découverte récente (2005 ) qui explique le caractère addictif de ce trouble du comportement alimentaire, ce qui ouvre la voie à de nouveaux traitements.

Publiée dans le « Journal of Nuclear Medicine », l’étude menée par Angela Guarda, psychiatre à l’école de médecine John Hopkins à Baltimore, identifie pour la première fois une cible moléculaire potentielle, les récepteurs aux endorphines, pour de nouveaux traitements.

En outre, elle apporte une explication au caractère addictif observé dans la boulimie, estime le médecin. Ce trouble du comportement alimentaire se caractérise par un refus volontaire de nourriture qui alterne avec un besoin irrépressible de se jeter sur les aliments et avec des crises de vomissement, le tout dans le but de contrôler son poids.

« Les patients se sentent piégés par ce cercle vicieux ce qui suggère qu’il existe un lien avec la notion de récompense« , explique le Dr Guarda, ajoutant que « comme avec l’abus de substances addictives, le boulimie est souvent chronique et jalonnée de rechutes ».

L’étude a porté sur huit patientes souffrant de boulimie, comparées à huit jeunes femmes de même âge et de même poids, en bonne santé.
Les chercheurs ont examiné le métabolisme cérébral de chacune d’entre elles en recourant à la tomographie par émission de positons (TEP), qui utilise un composé radioactif se fixant sur les récepteurs µ-opioïdes du cerveau.

La fixation sur les récepteurs µ-opioïdes était plus faible au niveau du cortex insulaire gauche chez les boulimiques que chez les femmes en bonne santé, rapportent les auteurs. Cette région du cerveau est impliquée dans le processus du goût, ainsi que dans l’anticipation et la récompense d’un repas. Elle a en outre été impliquée dans d’autres troubles du comportement, dont l’addiction aux drogues et aux jeux d’argent.

Cette nouvelle étude met donc en évidence une nouvelle cible moléculaire pour le développement de traitements plus efficaces que ceux qui sont actuellement disponibles.
Elle laisse également supposer que les médicaments utilisés pour les addictions aux drogues pourraient être utiles, commentent les chercheurs.

La boulimie est dix fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle affecte 1 à 2% des adolescentes et des jeunes femmes aux Etats-Unis.
Ses complications sont très sérieuses, allant de l’érosion dentaire aux troubles du rythme cardiaque, en passant par des irritations gastro-intestinales, des déséquilibres électrolytiques et des crises d’épilepsie.

Mais aucune mention du baclofène dans cette étude.

Au niveau des autres essais et études de cas avec baclofène :

Certaines études chez l’animal montrent une certaine efficacité du baclofène mais seulement dans certaines conditions : rats répondants aux critères de « binge eating », et plus particulièrement lors d’une attirance accrue pour les graisses, non les sucres (Buda-Levin A. et al., 2009)

Il y a très peu d’études qui ont été menées sur le sujet.
Mais en 2007, un 1er essai ouvert a été mené à la dose de 60 mg/jour, pendant 10 semaines , sur 7 femmes présentant un désordre type (binge-eating) ou une boulimie selon le DSM-IV, détaillée plus haut.

Lors de cet essai, les patientes bénéficient d’un suivi psychiatrique, médical, biologique ; le nombre de compulsions alimentaires est étudié comme premier facteur.

Les résultats :

Sur les 7 femmes suivies, 5 présentent une réduction de plus de 50% de la fréquence des compulsions alimentaires dont 3 présentent une disparition de leur trouble alimentaire à la fin de l’étude.

Malheureusement cette petite étude semble pour le moment la seule, mais elle parait donc intéressante et ouvre la porte à d’autres études plus sérieuses.

Au niveau des témoignages glanés sur internet de personnes en cours de traitement au baclofène pour la boulimie, ceux-ci sont variables quand à l’efficacité sur le craving nourriture.

En tout état de cause, il semblerait que la dose de baclofène pour l’obtention de résultats probants (car il y en a ! ) dans cette pathologie, soit très élevée : de l’ordre de 300, 400, voire 500 mg/jour.

 

Source: arreter-de-boire.fr

 

 

 

 

 

 

 

 



22/09/2011
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