Anorexie et boulimie: stress, facteurs génétiques et biologiques en cause

 

 

Les troubles de l’alimentation, comme l’anorexie et la boulimie nerveuse, ne sont plus perçus comme un phénomène strictement lié au culte de la minceur ou à des problèmes familiaux. Ils apparaissent aujourd’hui comme l’exemple type en santé mentale du rôle que peut jouer l’environnement - dont le stress - sur la vulnérabilité biologique d’une personne.

« Les troubles de l’alimentation ne peuvent être compris qu’en considérant l’interaction étroite entre la susceptibilité biologique d’un individu et les stress provenant de son milieu de vie », affirme le directeur du Programme des troubles de l’alimentation à l’Institut Douglas, Howard Steiger, en marge d’un symposium portant sur l'impact du sexe et du genre en santé mentale, qui se tenait le 14 janvier à Montréal.

Le rôle du stress et de la sérotonine


Howard Steiger

Voilà près de 25 ans qu’Howard Steiger et son équipe travaillent sur les facteurs qui rendent certaines personnes – particulièrement les femmes – plus à risque de développer des troubles de l’alimentation. Leurs travaux montrent qu’un facteur biologique en particulier, un neurotransmetteur nommé sérotonine qui est impliqué dans la régulation de l’humeur, de l’anxiété et de l’appétit, occuperait un rôle central.

Certaines variantes de gènes associés à la sérotonine peuvent en effet poser problème. « Le fait de vivre un stress important peut déclencher une réponse du système de sérotonine, qui augmente le risque de développer un trouble de l’alimentation et certaines comorbidités telles que la dépression ou l’instabilité émotionnelle », explique Howard Steiger.

Le stress quotidien peut-il aussi être en cause? « Tout stress qui altère le fonctionnement de la sérotonine peut causer un problème dans le contrôle de l’appétit et de l’alimentation », dit le Dr Steiger.

La sérotonine peut être particulièrement sensible à l’état nutritionnel d’une personne. Un apport calorique déficient par l’entremise d’un régime amaigrissant peut altérer les activités liées à la sérotonine et mener tout droit aux troubles de l’alimentation, ajoute-t-il.

Le rôle de l’oestrogène

Autre facteur biologique à considérer : l’oestrogène. Une récente étude sur des jumeaux montre l’importance que semble jouer cette hormone. Les chercheurs ont découvert que la prévalence de l’anorexie nerveuse chez les jumelles avoisine celle de la population féminine en générale, soit environ 1 %. Le constat est le même chez les jumeaux, dont la prévalence de cette même maladie tourne autour de 0,01 %. Toutefois, lorsque la paire de jumeaux est composé d’une fille et d’un garçon, la prévalence que les garçons souffrent d’anorexie nerveuse atteint le 1 % comme pour les filles.

« Plus on est exposé à l’oestrogène et moins on l’est à l’androgène, plus on est à risque d’anorexie. Cette susceptibilité biologique peut être activée dans un environnement où il y a une forte pression à suivre une diète », explique le Dr Steiger.

L’hérédité et les antécédents familiaux

D’autres facteurs, comme l’hérédité, les antécédents familiaux de dépression et d’anxiété, et des traits de personnalité tels que l’impulsivité et la compulsion peuvent aussi rendre certaines personnes plus vulnérables aux troubles de l’alimentation, a précisé le chercheur.

Les facteurs biologiques et génétiques n’expliquent pas tout. Les traumatismes, les sévices physiques et sexuels et les influences sociales sont aussi des éléments déclencheurs de troubles de l’alimentation. « Qu’ils soient biologiques, génétiques ou environnementaux, tous ces facteurs peuvent converger pour interagir et causer des troubles de l’alimentation. », soutient Howard Steiger.

 

Louis M. Gagné 

Source: PasseportSanté.net

 

 

 

 

 

 

 



23/09/2011
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres